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Découverte d'une nouvelle ville au Soudan

Après l’Egyptologie voici venu la Soudanologie, un archéologue vient de mettre au jour une nouvelle ville, dont l’architecture montre qu’elle fait le lien entre le monde méditerranéen et l’Afrique noire.

Charles Bonnet a passé 5 ans avec son équipe à creuser le Soudan (C’est à lui qu’on doit la résurrection du royaume de Nubie) la découverte qu’ils viennent de faire est étonnante : au nord de Kerma se trouvait une autre ville, sur le site de Doukki Gel ; Des monuments en brique crue de plus de 50 mètres de diamètre, 1400 colonnes et des fortifications remarquables. Une cité impressionnante, dont les ruines laissent deviner le souvenir de bâtiments construits sur des plans circulaire ou ovale – une configuration inédite, d’inspiration pleinement africaine, et qui laisse entendre que ces vestiges font la liaison historique entre le monde méditerranéen et le continent noir.

L’architecture des constructions «est complètement originale, selon l’archéologue, « ni égyptienne ni nubienne et aucun équivalent n’a encore été mis au jour sur le continent africain, dont nous savons très peu de choses du point de vue archéologique.» Et pour cause. Edifié en briques crues, le bâti résiste mal au passage du temps. Les ruines de Doukki Gel remontent probablement à 1800 av. J.-C., une époque antérieure à l’occupation égyptienne du royaume de Kerma qui dura trois cents ans au Nouvel Empire.

La forme circulaire et ovale, présentes partout à Doukki Gel, signalent une architecture autochtone. Elles cohabitent avec des réminiscences de la colonisation égyptienne. La porte découverte cet hiver devait avoir tout à fait la même fonction et la même structure que la salle hypostyle du temple de Karnak, en Haute-Egypte. Mais une allure bien différente, tout en courbes.

Construite et occupée par des populations qui venaient du Sud – et parfois de très loin, jusqu’à 1500 kilomètres en direction de la bande sahélienne, de Khartoum et de la Mer rouge. Ces habitants sont probablement venus là en raison de la pression de l’Egypte, qui voulait s’assurer le contrôle de toutes les voies commerciales (celles de l’or, de l’ivoire, du bois d’ébène, des parfums, etc) et poussait ses armées, vers le Sud – là où les rois de Kerma avaient fondé un Etat qui tentait de leur tenir tête, tout en conservant néanmoins des relations économiques avec le Nord. « C’est clairement une cité de populations qui résistent.

« Quand on n’a pas d’histoire, on n’a pas d’identité.» Ce que ces découvertes montrent, c’est qu’il y a là une histoire, des peuples qui bâtissent des villes.

source : interview Charles Bonnet, Le Temps.

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