La chronique

BTP Algérie

Soleil d’Algérie… caché par le tamis !

« Quand le dernier arbre aura été abattu, quand la dernière rivière aura été empoisonnée, quand le dernier poisson aura été péché, alors on saura que l’argent ne se mange pas. »
Geronimo.

Cacher le soleil avec un tamis (tekhebi echems belgherbel). Voilà une expression bien de chez nous qu’utilise l’intelligence populaire pour caractériser des évidences que certains ne veulent pas voir. Et du soleil en Algérie, il y en a tellement que l’on pourrait en revendre. A coups d’euros et de dollars. Et éternellement.

C’est à quoi s’attèlent depuis au moins cinq ans le salon des Energies renouvelables, énergies propres et développement durable. Ce rendez-vous annuel initié par quelques opérateurs et autres mordus de l’écologie est organisé pour tenter de « s’implanter » durablement dans les divers domaines des énergies renouvelables et du développement durable. Ainsi, les écolos algériens se réunissent, discutent, sortent avec des recommandations qu’ils remettent à qui de droit. Et attendent le prochain salon. Ils « refont » l’Algérie comme elle devrait être et comme ils pensent qu’elle pourrait devenir dans 20 ans.

Radieuse, bien cotée dans les divers palmarès internationaux, recommandée par les guides touristiques. En un mot, une destination propre, développé et où il fait bon vivre. Economiquement et touristiquement parlant.
L’Etat, lui, préfère, et malgré tous les avis contraires et les expériences décriées, s’investir dans le gaz de schiste. Une énergie conventionnelle, polluante et non renouvelable. Comme le pétrole. Source de richesses mais aussi de guerres sur tous les fronts.
Pourtant, l’Algérie qui possède la plus grande superficie d’Afrique, peut se permettre de produire et même d’exporter le surplus pour toutes les énergies renouvelables que le bon Dieu a créées : soleil, vent, eau, bois, eau de mer, biomasse.

Rien qu’avec l’énergie solaire, quand elle est bien gérée et bien répartie, l’Algérie de nos enfants pourrait s’abstenir de se nourrir à coups de barils de pétrole. Et de se tenir le ventre au moindre frémissement des places boursières.

Le développement rural sera réel, les autoroutes seront bien éclairées, les producteurs n’auront plus à augmenter leurs prix de vente pour payer leurs factures d’énergie.

L’expérience des pays aux potentiels énergétiques est là. Les pays du Golfe ont tôt fait de l’adopter malgré les millions de barils de pétrole produits chaque jour. L’Europe, à cours d’arguments économiques et d’énergies, a commencé, dans les années 70, à grappiller même sur la consommation en adoptant l’heure d’été. C’est aussi cela avoir de bonnes idées.
Et nous, que de millions d’heures d’électricité et d’énergies non renouvelables avons-nous consommé en tirant sur les réserves ponctuelles de pétrole ? Sonelgaz essaye de forcer la main aux décideurs pour augmenter ses tarifs jusque-là subventionnés ? Mais la réalité est là. Et la politique aussi.

Si ailleurs, la tendance est au retour aux matériaux traditionnels, peu chers, disponibles et pratiques notamment en matière de construction et de travaux publics, ici, nous nous entêtons encore à « travailler » uniquement notre rente pétrolière.

Pourtant, la mise en œuvre de quelques expériences élémentaires mais à grande échelle pourrait atténuer la tension sur cette énergie de plus en plus coûteuse. Et la nature a doté l’Algérie d’un des plus vastes et déserts du monde. De quoi implanter d’immenses parcs d’éoliennes et de gigantesques centres de capture de l’énergie solaire. Des énergies presque gratuites, très propres et exportables.

C’est ce dilemme qui n’en est pas un au fond qui tarabuste l’intelligence et la logique tout court. Pourtant facilement soluble dans un décret qui pourrait redonner du travail aux gens du Sud notamment, des devises au Trésor public et de l’espoir à nos enfants.

Pour l’instant, on se complait avec cet autre adage populaire : kheli el bir beghetah (ne soulève pas le couvercle du puits). Le puits pourrait faire déborder l’oued qui ferait …

Farid Benahmed

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Commentaires

Amel halata · mars 30, 23:39

Très bel article merci


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